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jeudi 25 octobre 2012

On tourne la page

En décembre dernier, je vous annonçais en grande pompe que je retournais sur les bancs d'école pour étudier en secrétariat. Mon retour aux études ne s'était pas fait sans heurts, mais les premiers mois s'étaient somme toute bien déroulés. Par contre, lorsque l'été est arrivé, les choses se sont mises à changer et me rendre à mes cours est devenu une tâche de plus en plus ardue.

J'étais fatiguée, épuisée, je n'arrivais pas à me concentrer et la situation me déprimait beaucoup. Mes études me grugeaient le peu d'énergie dont je dispose depuis mon cancer et les autres activités de ma vie devenaient tout aussi pénibles à réaliser. Je redoutais les soupers en familles, les tâches ménagères, les rencontres entre amis, les voyages et tout le reste. J'étais si fatiguée que plus rien ne parvenait à me procurer du plaisir. Tout était une corvée...

Au mois de septembre, n'en pouvant plus, j'ai décidé d'arrêter mes cours. Ayant un billet médical d'un mois en main, j'ai pu prendre une pause tout en demeurant inscrite au programme de secrétariat. Les semaines ont passé, ma fatigue s'est un peu dissipée et mon sourire est revenu. Je me suis même exclamée à quelques reprises : "Heille, je suis heureuse!!!", une phrase que je n'avais pas prononcée depuis belle lurette.

Et pendant ces quelques semaines, j'ai travaillé sur moi. J'ai réfléchi et je me suis observée. J'ai regardé en arrière et je n'ai pas aimé ce que j'ai vu. Depuis mon cancer, mon retour à la vie active a toujours été une préoccupation de premier ordre. Je sentais que je me devais de retourner travailler, que je devais gagner de l'argent, que je devais être productive.

Mais au fond de moi, une petite voix tentait de se faire entendre. Elle me murmurait qu'avec toute la chimio reçue, la radio, la greffe de moelle osseuse, la ménopause, les poumons à moitié brûlés et le système immunitaire en mauvais état, il était insensé de penser à travailler. J'ai cependant la tête dure et pendant tout ce temps, j'ai forcé cette petite voix à se taire. Je l'ai étouffée, et c'est là qu'elle s'est mise à crier.

Je n'ai pas eu d'autre choix que de l'écouter et j'ai enfin compris qu'elle avait raison. L'avouer n'est pas facile et le dire l'est encore moins, mais je prends mon courage à deux mains : 

"Je ne retournerai pas à l'école et je ne retournerai pas travailler"

Voilà, c'est dit. Ça soulage, vous n'avez pas idée! En fait, je vous le dis à vous aujourd'hui, mais cette affirmation, je la répète à qui veut bien l'entendre depuis neuf jours. Par contre, j'hésitais à sortir de ma coquille sur mon blogue. Décider de rester à la maison n'est pas une décision facile à prendre et la peur du jugement me suit comme mon ombre. 

Les gens vont penser que je suis paresseuse. Ils vont dire que je me laisse aller, que je me fais vivre. Ils diront que ça n’a pas d’allure de rester sans rien faire à un si jeune âge, que c’est du gaspillage.

Notre société met beaucoup l'accent sur le fait que tout individu DOIT participer à la société, qu'il doit être actif et productif. Alors quand on n'arrive pas à atteindre ces exigences, on se sent inévitablement incompétent... Du moins, c'est ainsi que je le vis, pour le moment. 

Pourtant, c’est cette même société qui me confirme que mon cas est particulier en me versant des rentes d’invalidité. Oui, effectivement, vous n’êtes peut-être pas au courant, mais on m’a déclarée invalide il y a six ans. Mon oncologue me le répète d’ailleurs à chacune de mes visites : ton cas est spécial, tu es spéciale. Peut-être suis-je la seule à ne pas vouloir l’accepter?

Mais sachez que malgré ces quelques remords de conscience passagers, je suis tout à fait satisfaite de ma décision. Je suis bien, mais surtout, je suis heureuse. J'ai l'impression d'être enfin revenue à la vie. Le goût de cuisiner, de recevoir, de jacasser et de gâter les gens autour de moi m'est enfin revenu. Certes, mon niveau d'énergie est toujours le même (il est assez bas merci), mais je peux enfin mettre mes énergies où j'en ai envie. 

Et si je suis fatiguée, et bien je me repose, tout simplement. Et si je suis malade, je me soigne. Et si je n'arrive pas à me concentrer, je profite de l'occasion pour pratiquer des activités qui ne requièrent pas d'attention. J'écoute mon corps plutôt que d'essayer de le forcer à performer au-delà de ses limites. Puisqu'il s'agit bien de cela, les maudites limites... J'ai des limites et je dois les accepter. Ce n'est pas facile, croyez-moi, mais je pense sincèrement que je suis sur la bonne voie.

Alors ce week-end, Chéri et moi allons prendre une belle boîte dans laquelle nous mettrons mes livres d'école. Ayant été au cégep, à l'université et dernièrement au professionnel pour mon DEP en secrétariat, j'ai accumulé un bon nombre de bouquins scolaires. Il est temps de tourner la page et de laisser l'étudiante passer à autre chose. Mais justement, si je ne suis ni étudiante, ni travailleuse, qui suis-je?

mercredi 11 avril 2012

Panique en classe


Oups, j'ai créé une véritable commotion dans ma classe de secrétariat aujourd'hui...

Ce n'était pas voulu et j'ai pourtant essayé d'être discrète...

J'ai demandé de l'aide à ma voisine d'en face, en parlant le plus bas possible, mais quand elle m'a demandé : "Qu'est-ce qu'il y a???", ma voix a porté plus fort que je l'aurais cru et je lui ai répondu avec un peu de panique dans la voix : "Il y a une arrrraignééééééé, peux-tu la tuer???"

Elle se baladait sur le mur, tout juste à côté de mon écran et elle était rapide.

Le problème, c'est que la petite maudite s'est sauvée vers le plafond. Nous avons cru, à tort, qu'elle irait se réfugier hors de notre vue, mais elle a continué à nous narguer en se promenant de tous bords, tous côtés.

Il faut dire que ma voisine d'en arrière a aussi peur que moi (même un peu plus, je dirais), alors nous étions deux à ne plus pouvoir travailler pour cause de fixation sur le mur du fond. Et la formulation verbale de nos angoisses créait un peu de babillage, convenons-en.

Par chance, une collègue a pris les choses en main en grimpant sur un bureau et hop, miss Spider a terminé sa vie dans un mouchoir.

Nous étions sauves et j'ai pu poursuivre ma journée sans crainte d'être attaquée. Après tout, je me devais de me concentrer puisque c'est ce jeudi que je passerai mon examen de comptabilité. Le premier depuis mon retour en classe.

Souhaitez-moi le mot de Cambronne! (je suis un peu stressée, là, là...)



mercredi 29 février 2012

Grosse fatigue, grosse victoire


Ouf, ouf, ouf. Laissez-moi reprendre mon souffle.

Quelle journée. Êtes-vous prêts pour la grande nouvelle?

(roulement de tambour)

Aujourd'hui, mercredi le 29 février, j'ai fait une journée complète d'école!!! Et je suis toujours vivante bien que très fatiguée. Ok, ok, je suis un peu fière de moi, je l'avoue.

Depuis mon retour à l'école en janvier, je ne fais que des demi-journées et ça me suffit amplement pour l'instant. Par contre, l'idée de faire un ou deux jours à temps complet me trottait dans la tête, mais je craignais de ne pas être capable de passer au travers en raison de la fatigue.

Bilan de ma première journée complète : je ne suis pas prête pour le temps complet... Mais ça viendra sûrement! Par contre, pour atteindre un tel objectif, je devrai travailler sur moi et sur un petit problème qui rend ma vie assez pénible. 

Si j'étais à l'école ce matin, plutôt que d'être à la maison comme le veut mon horaire habituel, c'est que je voulais participer à un atelier présenté par l'intervenante psychosociale. Un atelier sur le stress et l'anxiété.

Anxieuse, moi? Ben non, voyons! Je suis full zen, avec le déménagement, le retour à l'école, le passage chez le notaire, l'argent, le budget, le contenu de mon assiette, ma santé, l'adoption et tout ce qui faudrait que je fasse, mais que je ne fais pas, pis tout le tralala... Et l’auto qui fait un drôle de bruit…

Je ne le réalisais pas vraiment (ou disons plutôt que je refusais de me l'avouer), mais je crois que mon anxiété est en train de prendre une place démesurée dans ma vie. La bonne nouvelle, c'est que ça se travaille. Je vous en reparlerai peut-être un jour, qui sait. Ce n'est pas facile de s'ouvrir sur de tels sujets, mais s'avouer qu'on a un problème, c'est déjà un bon départ pour le régler.

vendredi 24 février 2012

Une pédago et du repos?


Eh bien, eh bien, je viens de terminer ma cinquième semaine d'école et j'en suis déjà à ma deuxième journée pédagogique! Ce n'est certainement pas moi qui vais m’en plaindre!

Alors, que dire de ce retour à l'école? Beaucoup de choses. En fait, j'en aurais tellement à dire que je ne sais pas trop par où commencer. Allons-y donc en vrac :

  • Premièrement, je crois que j'ai fait le bon choix en optant pour le programme de secrétariat. J'adore mes cours.
  •  Deuxièmement, je suis beaucoup plus motivée que lorsque je suivais le même programme en formation à distance.
  • Troisièmement, l'enseignement individualisé (où chacun apprend à son rythme, tout en devant respecter certaines échéances) me convient parfaitement. Par contre, étant donné le nombre d'élèves dans chaque classe, les enseignants ne sont pas aussi disponibles que nous le souhaiterions parfois... Heureusement que j'ai mes supers post-it pour noter mes questions!!!



  • Quatrièmement, mon intégration dans le groupe ne se fait pas aussi facilement que je l'aurais souhaité... 
  •  Sixièmement, je ne suis pas aussi fatiguée que je l'aurais cru, mais je traîne tout de même un peu de la patte. Disons que nous nous couchons assez tôt!
  •  Septièmement, peut-être est-ce dû à la fatigue, mais j'oublie tout en ce moment : les anniversaires de mes proches, les rendez-vous, les tâches à faire... Hier, j'ai même oublié mes lunettes à la maison... Une secrétaire sans ses verres, ce n'est pas très efficace!
  •  Et finalement, je suis contente de retrouver peu à peu une vie normale. Je suis excitée lorsque vendredi arrive enfin et je suis un peu triste lorsque dimanche tire à sa fin, des sentiments qui ne m'avaient pas habitée depuis longtemps.

 Donc, pour résumer le tout, malgré quelques petites difficultés d'adaptation, je suis satisfaite d'être retournée à l'école et je songe même à augmenter un peu le nombre d'heures d'ici quelques semaines...

Peut-être avez-vous remarqué que je parle davantage de cuisine dernièrement. Je me suis découvert une nouvelle passion qui me permet à la fois de marier l'écriture et la photographie. Je cuisine beaucoup et j'adore essayer de nouvelles recettes. Par contre, je manque souvent de motivation et présenter mes découvertes culinaires sur mon blogue m'aide à passer à l'action en cuisine.

Cependant, une autre raison motive mon choix de me tourner un peu plus vers l'alimentation :  mon corps est capricieux. J'essaie de le comprendre depuis plusieurs années déjà et je sais maintenant que certains aliments me causent des malaises.  

Chéri et moi mangeons déjà très bien, mais ce n'est pas assez pour mon petit organisme. Si je veux me sentir mieux dans mon corps, je dois manger le plus équilibré possible, en diminuant au maximum la quantité de sel et de sucre dans mon assiette. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais sel et sucre sont très présents dans notre alimentation...

J'arrive assez facilement à réduire le sel, mais pour le sucre, c'est plus compliqué... Il est effectivement présent dans beaucoup d'aliments, comme les fruits ou les pâtes alimentaires. Je dois aussi éviter le plus possible la caféine et le chocolat, tout en faisant attention à mon cholestérol qui est déjà élevé en raison de mon historique familial. Mes intestins sont aussi fragiles et je ne dois pas exagérer sur la quantité de légumes ou de légumineuses que je mange. Tout ça en essayant de manger le plus naturel possible. Et ça, c'est sans compter mes goûts personnels : j'adore manger, j'adore aller au resto, j'adore me payer la traite une fois de temps en temps et je craque autant pour le chocolat que pour le fromage...

Tant que j'étais à la maison et que je n'avais pas trop d'obligations, je pouvais manger comme bon me semble et en subir ensuite les conséquences, mais depuis mon retour à l'école, les choses sont différentes. Manger est un véritable casse-tête pour moi et parler de mes découvertes sur mon blogue m'aide à mettre un peu d'ordre dans tout ça. Je n'ai pas l'intention de produire un blogue culinaire pour autant, loin de là! J'ai trop de choses à raconter sur différents sujets! J'espère cependant que vous trouverez votre compte en me lisant, malgré les petits changements.

Et en parlant de changements, êtes-vous prêts pour un petit décompte? Il reste combien de dodos avant notre déménagement? 14!!! 

Alors, à quoi servira ma journée pédagogique? À faire des boîtes! Et des changements d'adresse.  Et du ménage...