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samedi 23 mars 2013

Troisième outil : objectifs et récompenses

J'ai une grande vérité à vous apprendre à mon sujet : je suis impulsive. J'achète donc impulsivement, sans trop réfléchir, et je mange aussi impulsivement, au gré de mes envies. Bon, j'ai tout de même une petite voix interne qui m'aide à tempérer mes impulsions, mais je ne l'écoute pas toujours.

Dans le cadre de ma démarche visant à améliorer ma qualité de vie, je vous ai présenté le premier et le deuxième outil que j'utilise en ce moment pour y arriver. Aujourd'hui, je vais vous parler de mon troisième outil, qui fonctionne d'ailleurs très bien avec moi, soit la méthode des objectifs et des récompenses.

Vous savez, nos mères ont utilisé cette façon de faire lorsque nous étions jeunes et je suis sure qu'il y a des mamans parmi vous qui ont déjà tenté l'expérience avec leurs enfants. La méthode est simple, on fixe un objectif à atteindre dans un laps de temps donné et, question de se motiver, on choisit une récompense que l'on obtiendra lorsque notre but sera atteint. J'ai été tentée de me construire un beau calendrier avec des étoiles ou des collants, mais je me suis retenue! Qui sait, je le ferai peut-être avec mon prochain défi!

Oui, oui, je suis déjà rendue à un "prochain" défi puisque j'ai réussi le premier que je m'étais fixé!!! Je me confesse face à vous : je ne vous en avais pas parlé... Pourquoi? Par peur de ne pas réussir, probablement. C'est terrible de manquer de confiance en soi à ce point, n'est-ce pas. Mais je peux dire que je suis fière de moi puisque je peux annoncer fièrement ceci : "J'ai réussi!!!!!!"

Quel était donc ce fameux objectif que je désirais atteindre? Il peut paraître simple pour certains, mais pour moi, c'était devenu un véritable problème... J'étais devenue accro au Cappucino glacé de Tim Hortons. Comme je vous l'ai déjà expliqué, je suis extrêmement fatiguée, j'ai de la difficulté à conduire et j'ai des troubles de concentration. Tout ceci s'atténue généralement lorsque je consomme un Cappucino glacé et, voyez-vous, j'aime l'effet puisque j'ai enfin l'impression de redevenir moi-même, soit celle qui avait une tête avant son cancer.

Dans le temps des fêtes, je voulais profiter de tout ce qui se présentait à moi, alors j'ai consommé énormément de cafés glacés. J'ai poursuivi sur ma lancée en janvier, mais en février j'ai dû me rendre à l'évidence : toute cette consommation de caféine et de sucre nuisait à mon bien-être et surtout à mon sommeil. J'étais toute à l'envers, mais je ne voulais pas lâcher ma béquille. 

J'ai donc décidé, le 18 février dernier, que c'en était assez et je me suis fixé un objectif : ne pas prendre de Cappucino glacé pendant 30 jours. À ce moment, j'en consommais de 5 à 6 par semaine... Au début, j'ai eu de la difficulté à me retenir et j'ai même failli craquer un samedi où j'étais très fatiguée et où un petit regain d'énergie aurait été le bienvenu. Grâce à ma détermination (et à Chéri), j'ai toutefois tenu le coup. Et surtout, je savais ce qui m'attendait au bout du chemin!

Mes trente jours de sevrage se sont terminés ce vendredi et je me suis payé une petite escapade au centre-ville de Montréal pour aller chercher ma récompense tant attendue. Je voulais m'acheter ce livre depuis des mois. Je l'avais d'abord loué à la bibliothèque en me disant que j'allais transcrire les recettes qui m'intéressaient, mais j'ai rapidement constaté qu'il m'aurait fallu recopier le livre au grand complet. Je vous donne un indice? Les auteurs du livre ont aussi deux restaurants. Vous avez deviné? Ça rime avec cru. Vous donnez votre langue au chat? 


Et oui, ma récompense pour 30 jours de sevrage de café glacé, c'est... le livre de recettes de Crudessence!!!!!!!!! Je suis tellement trop contente!!!!!!!!!!! Maintenant, il ne me reste plus qu'à me fixer d'autres objectifs, plus petits ou plus gros, puisque cette méthode fonctionne vraiment bien pour moi (je passe sous silence les autres objectifs que j'ai atteints dernièrement puisqu'ils ne sont pas, à mon avis, dignes d'intérêt). D'ailleurs, je vais devoir me trouver un méga objectif puisque j'ai déjà une récompense en tête, mais pour être méritée, elle devra engendrer de gros, gros efforts. Je rêve depuis longtemps d'avoir un déshydrateur Excalibur...

lundi 4 mars 2013

Deuxième outil : Mon Journal Santé


Aujourd'hui je vais vous présenter l'un des outils que j'ai tenté d'utiliser pour "améliorer ma qualité de vie". Malheureusement, il ne m'a accompagnée dans ma démarche que pendant quelques jours puisque je me suis rapidement rendu compte qu'il ne répondait ni à mes besoins, ni à mes attentes.

J'essaie depuis de nombreuses années de tenir un journal alimentaire, mais mon manque de discipline m'amène toujours à abandonner cette démarche après quelques semaines seulement. Alors, lorsque j'ai entendu parler du cahier "Mon Journal Santé" écrit par Natacha Watier, je me suis dit que cet outil allait sûrement m'aider à garder ma motivation.

Je l'avoue, j'aurais dû prendre davantage le temps de le feuilleter avant de passer à la caisse pour régler mon achat, mais j'étais persuadé qu'il était parfait pour moi. D'emblée, la couverture me plaisait. De plus, selon ce qui était inscrit sur celle-ci, mon nouvel achat me servirait à la fois de journal alimentaire, de carnet d'exercices et d'aide-mémoire.


J'aimais aussi le principe que ce journal allait pouvoir m'accompagner dans ma démarche pendant les 12 prochains mois, tout comme un agenda.

Il faut tout d'abord que je vous dise que mon but premier, en achetant ce journal, n'était pas qu'il m'accompagne dans ma perte de poids. Certes, j'ai quelques livres à perdre et ma relation avec la nourriture n'est pas toujours saine, mais j'avais comme objectif de noter mes repas afin de mieux les équilibrer. Par contre, j'étais prête à remplir les différents bilans qu'il renfermait, sois un chaque jour, un à la fin de chaque semaine et un à la fin de chaque mois. Petite remarque : je trouve décevant qu'il n'y ait pas de bilan pour la fin de l'année... 

Qu'à cela ne tienne, j'ai tout de même pris le temps de prendre mes mensurations et de noter mon poids de départ. Par contre, je n'ai pas réussi à trouver une photo de moi récente qui me satisfaisait (ici, c'est moi qui prends les photos alors j'apparais rarement sur l'une d'elles) et encore moins une autre de moi avec mon poids idéal... Je suis peut-être trop critique envers moi-même... 

En tout, j'ai utilisé mon journal une semaine et demie… Voici donc ce que j'en ai pensé :

  • Tout d'abord, l'espace réservé pour noter les aliments que nous avons consommés est nettement insuffisant. Si j'avais le malheur de manger trois légumes différents lors d'un repas, je devais faire des acrobaties pour tout noter.

  • Ensuite, dans les deux espaces pour les collations, la catégorie "Pain, céréale, féculent" n'est pas présente. Pourquoi? Est-ce que les craquelins sont interdits comme collation?
  • Le journal nous amène aussi à réfléchir sur certains aspects reliés à notre perte de poids en nous demandant chaque jour quatre questions. Par exemple : "Qu'est-ce que l'abstinence vous fait vivre?" La première journée, il peut être intéressant de réfléchir à ces quatre aspects, mais le problème est le suivant : les questions sont les mêmes pour les 365 jours de l'année… Selon moi, c'est beaucoup trop répétitif. Plusieurs autres aspects reliés aux émotions, aux activités physiques ou aux loisirs auraient pu être abordés, nous amenant ainsi à cheminer tout au long de l'année.

  • Une quinzaine de recettes nous sont aussi proposées, mais pour ma part, ce ne sont pas de grandes découvertes. Par contre, j'essaierai à coup sûr la salade aux rayons de soleil.


En résumé, ce journal me semblait prometteur, mais je crois qu'il n'a pas été élaboré au maximum de ses possibilités. Pour moi, il est trop répétitif et quand je le consulte, tout ce qui me vient en tête c'est ce que j'aurais fait si j'en avais assuré la conception. Il aurait tellement pu nous amener plus loin dans nos réflexions et dans notre démarche. Par contre, peut-être pourrait-il être très utile pour quelqu'un d'autre, qui sait? Après tout, nous avons chacun nos préférences. Je l'ai donc mis de côté et je vais plutôt tenter de développer mon propre journal. C'est tout de même un 24,99 $ dépensé inutilement… Dommage…

vendredi 1 mars 2013

Premier outil : un nouvel ordi


Le 17 janvier dernier, je vous avais promis de vous présenter les outils que j'utilise en ce moment pour reprendre ma vie en main. Au cours des dernières semaines, j'ai bien réfléchi aux mots que j'avais alors utilisés, soit "reprendre sa vie en main"... Je ne les aime pas.

Ma vie, je l'ai déjà bien entre mes mains : je ne bois pas d'alcool, je ne fume pas, je ne prends aucune drogue, je me couche tôt, je mange sainement la plupart du temps et je n'ai donc pas l'impression que je fais "quelque chose de mal". En somme, je considère que j'ai une bonne hygiène de vie, mais je suis consciente qu'il y a place à l'amélioration.

Alors, je dirais plutôt que je vais vous présenter les outils que j'utilise en ce moment pour tenter "d'améliorer ma qualité de vie". Cette expression reflète davantage ma réalité. Pour être franche, en ce moment, ma qualité de vie ne me satisfait aucunement. En fait, si j'avais à la chiffrer, je dirais qu'elle oscille entre 10 et 20 % selon le moment de la journée. C'est bien peu, j'en conviens...

Comprenez-moi bien, je ne suis pas en train de dire que je suis malheureuse, loin de là. Par contre, mon corps n'est pas confortable. J'ai beaucoup lu ces dernières semaines sur le syndrome de fatigue chronique et j'ai aussi eu la chance de discuter avec un bénévole de l'Association québécoise de l'Encéphalomyélite myalgique (l'autre nom pour le syndrome de fatigue chronique), ce qui m'a fait un bien fou.

J'ai donc pu identifier certaines choses que je peux modifier dans ma vie et qui pourraient m'aider à mieux vivre avec mon problème de santé. Mais faire des changements à ses habitudes de vie et à sa façon de penser, ce n'est jamais facile, alors je me suis outillée. Je vous présenterai donc, au cours des prochaines semaines, ces fameux outils. Comme dans toute chose, quand on essaie de nouvelles façons de faire, il arrive que ça fonctionne très bien pour nous alors que pour une autre personne, ça ne fonctionne pas. Je vous présente mon point de vue sur ce que j'ai essayé, mais libre à vous de vous forger ensuite votre propre opinion.

Ceci étant dit, je vous présente mon premier "Outil du changement", soit mon nouvel ordi!!! Je travaille avec lui depuis plus d'un mois, mais je suis encore en pleine période d'apprivoisement. Je suis toujours déstabilisée quand je change de machine... Côté informatique, j'ai mes habitudes et je n'aime pas être toute chamboulée.

Mon ancien portable était toujours fonctionnel, mais j'avais des problèmes d'alimentation électrique : mon ordinateur se fermait sans avertissement à tout moment et le fil d'alimentation étant défectueux, recharger la batterie devenait laborieux (j'ai dit des gros mots plus souvent qu'à mon tour).

De plus, comme je modifie mes photos avec Lightroom, mon ancien appareil manquait de puissance pour rendre l'expérience agréable. J'ai toujours plusieurs fenêtres d'ouvertes en même temps et ma bête avait de la difficulté à gérer le tout.

Finalement, mon ancien laptop pesait une tonne... Comme j'ai des douleurs dans le dos, je n'arrivais pas à le transporter pour travailler à l'extérieur de la maison.

La solution : un Ultrabook ultra léger et tout mince!!!


J'arrive maintenant à soulever mon ordi d'une seule main, yé! 


Et, roulements de tambour, j'ai en plus un écran tactile. Je ne m'en sers pas toujours, mais j'aime vraiment le principe. Pour jouer à des jeux, c'est génial.


Comme mon ordinateur est tout récent, je dois apprendre à vivre avec Windows 8... Je ne suis pas encore convaincue, mais Chéri qui travaille pour une compagnie spécialisée dans le développement d'applications Windows tente (sans trop de succès pour l'instant) de me faire changer d'avis. Il a du pain sur la planche! 

Alors tout ça pour dire que, malgré les ajustements à faire, je suis entièrement satisfaite de mon achat. Peut-être vous demandez-vous maintenant en quoi un nouvel ordi peut m'aider à améliorer ma qualité de vie. Je vous dirais donc qu'il me permet :
  •  De travailler plus rapidement et plus efficacement sur mon blogue, mais aussi pour mes projets de tricot, j'économise ainsi temps et énergie;
  • De travailler plus longtemps sans avoir besoin de rester collée sur une prise électrique;
  • De sortir de la maison pour aller travailler à la bibliothèque ou dans des endroits publics, ce qui brise la situation d'isolement dans laquelle je me retrouve trop souvent (à mon goût);
  • D'éviter d'avoir des douleurs dans le dos lorsque j'ai à le transporter;
  • De me faire plaisir!!!!

 Effectivement, d'abord et avant, je prends beaucoup plus de plaisir à travailler sur mon nouvel ordi. Je l'aime et comme j'ai souvent de la difficulté à sortir de chez moi, il est mon lien vers le monde. Bref, il est important pour moi, notamment parce qu'il me permet d'être en contact avec vous!

mercredi 6 février 2013

Mauvais coton...


Autant être franche avec vous : je file un mauvais coton.

J'ai rencontré mon médecin de famille la semaine dernière et ce rendez-vous m'angoissait beaucoup puisque je voulais lui parler de la fatigue chronique. Je vous en avais d'ailleurs glissé un mot dans ce billet. J'étais tellement stressée que j'ai rêvé à mon Doc à deux ou trois reprises. Dans ces quasi-cauchemars, elle me revirait de bord de façon brusque en me disant : " Tu ne souffres pas de fatigue chronique, tu es juste paresseuse. Fais de l'exercice et arrête de te plaindre. "

C'est fou ce qu'on peut s'en faire parfois... pour rien. Évidemment, telle ne fut pas sa réaction. 

J'étais tellement nerveuse que je bafouillais et ma tête semblait avoir oublié tout ce que je voulais dire. Un cas classique lorsqu'on rencontre un professionnel de la santé. Par chance, comme j'ai de l'expérience en la matière, j'avais amené Chéri avec moi, ainsi que ma liste de questions, sans oublier les informations que j'avais trouvées sur le syndrome de fatigue chronique.

Ma docteure, qui me suit depuis plus longtemps que j'arrive à m'en souvenir, m'a écoutée, questionnée, examinée et... elle n'a pas voulu poser de diagnostic. Comme elle me l'a expliqué, tout d'abord il est difficile de se poser un diagnostic dans le cas de la fatigue chronique puisqu'aucun test ne peut le confirmer ou l'infirmer. Ensuite, étant une généraliste, elle ne se sent pas suffisamment experte en la matière pour se prononcer de façon claire, nette et précise.

Ceci étant dit, elle m'a tout de même spécifié que, selon toute vraisemblance et selon les symptômes que je lui décrivais, il semblerait que je sois effectivement atteinte de fatigue chronique. Vous suivez? Moi, pas du tout. En fait, si.

Ça semble être ça, mais elle ne veut pas trop s'avancer. Et moi, dans tout ça, je fais quoi? Je fais comme si j'étais certaine que c'est ça, qu'elle m'a dit. De toute façon, et je la cite : " Il n'y a pas grand-chose à faire ".

Et c'est ici que je ne suis pas tout à fait d'accord puisque selon les lectures que j'ai faites dans les dernières semaines, il est possible d'améliorer sa condition. Cependant, il faut être prêts à modifier plusieurs de ses habitudes de vie et à faire de nombreux efforts. 

Et c'est ici que le découragement me gagne. Des sacristies (je suis polie) d'efforts, j'en fais depuis 8 ans et je me sens maintenant au bout de mes capacités d'adaptation. 

C'est sans doute seulement un mauvais coton que je passe puisque par le passé, j'ai toujours rebondi après m'être écroulée. Cependant, cette fois-ci, remonter la pente est plus ardue. Je suis encore en bas, en ce moment même, et le courage de remonter est difficile à trouver...  L'auriez-vous vu passer?

En fait, je sais très bien où se situe mon problème et je crois vous en avoir d'ailleurs déjà parlé. Je n'accepte pas ma situation. Je suis frustrée, fâchée, découragée, écoeurée, tannée, à boute, pu capable, grrrrrr.

Aujourd'hui, j'ai débuté un groupe de soutien pour les personnes atteintes de maladies chroniques. Je suis persuadée que ces rencontres me feront du bien, mais encore une fois, je suis la plus jeune du groupe, et de beaucoup. À l'heure où mes amies d'enfance cajolent leur marmaille, moi, je participe à des groupes où la moyenne d'âge se situe autour de soixante ans...

jeudi 17 janvier 2013

Reprendre sa vie en main...


Si vous avez bien regardé mon titre, j'ai écrit "Reprendre sa vie en main... (trois petits points)" et non : "Reprendre sa vie en main!!!!!!! (avalanche de points d'exclamation). Que faut-il en comprendre? Vous pouvez en déduire que je ne suis pas atteinte de la maladie de la nouvelle année.

Vous avez cette affection qui nous touche pour la plupart à un moment ou un autre de notre vie lorsque la nouvelle année se pointe. Une fois infectés, nous nous mettons à accumuler les bonnes résolutions : cette année, je vais maigrir, bouger plus, mieux manger, arrêter de fumer (je ne fume pas, je tiens à le spécifier), boire moins (je ne bois pas non plus), lire plus souvent, passer moins de temps devant la télé, passer plus de temps avec mes proches, etc. Bon, vous voyez le genre. Généralement, cette affection s'accompagne d'une motivation extrême qui diminue cependant au fil des semaines qui passent.

Non, dans mon cas, le besoin de changement est plus profond et il ne s'agit pas vraiment d'un choix. En fait, nous avons toujours le choix, mais pour ma part, je me retrouve devant un mur, un vrai, bien haut. Si mon temps des fêtes s'est somme toute assez bien déroulé, mon retour à la routine s'est transformé en véritable enfer. Mon principal problème : la fatigue. En fait, je dis fatigue, mais le terme épuisement serait plus exact.

Je vous arrête tout de suite, je ne suis pas en dépression, preuves à l'appui. Et selon les nombreux tests que j'ai passés au fil des ans, mon corps semble bien se porter. Mais un fait demeure, je manque cruellement d'énergie et cette situation perdure depuis 2006. J'ai cependant noté une constante : quand je prends soin de moi consciencieusement et de façon quasi maniaque, je vais un peu mieux. Rien de parfait, certes, puisque je ne me sens à peu près jamais en pleine possession de mes moyens, mais j'arrive à fonctionner de façon plus satisfaisante.

Ah, la satisfaction... Voyez-vous, c'est là que réside mon problème, je crois. Je ne suis pas satisfaite de ce que mon corps me permet de faire. Je voudrais en faire plus, me sentir bien et avoir l'énergie pour réaliser les projets qui me tiennent à coeur. En ce moment, ce n'est malheureusement pas le cas. Je me traîne et je traîne mon corps avec. Il est lourd à porter et j'en ai plus qu'assez. Aux yeux de mon entourage, je vais bien puisque je suis active, mais ce n'est qu'apparences. Mon corps n'est pas confortable et il me fait souffrir de différentes façons la majorité du temps. Je n'en laisse rien paraître, voilà tout.

Par contre, je rencontre mon médecin de famille à la fin du mois et je vais avoir une sérieuse discussion avec elle. Effectivement, après sept ans à tenter de comprendre le fonctionnement de mon nouveau corps (je dis nouveau parce que la chimio, la greffe de moelle osseuse et la radiothérapie l'ont endommagé, rendant ses nouvelles réactions incompréhensibles à mes yeux), je crois que j'ai peut-être trouvé la réponse à mes questionnements.

Cependant, la médecine moderne étant ce qu'elle est, je ne peux m'autodiagnostiquer. Ah, je sens ici poindre votre curiosité! Je ne voulais pas vous en parler avant d'avoir reçu l'avis de mon doc, mais mon dernier entretien avec ma psychologue m'a convaincue du contraire. Ce n'est pas facile pour moi de prononcer le mot, puisque ce terme est associé à de nombreux jugements. Je le sais puisque j'en avais moi même une bonne dose avant de me renseigner sur le sujet. Bon, on y va, je me lance...

Fatigue chronique...

Bon c'est dit. Pour la première fois depuis sept ans, je me suis enfin reconnue en me renseignant sur ce syndrome. Et j'ai senti qu'on me comprenait enfin, notamment en regardant cette vidéo de l'émission les Docteurs.



Parce que contrairement à ce que je croyais, la fatigue chronique ne se manifeste pas uniquement par une grande fatigue. Non. Comme on parle de syndrome, on parle d'un ensemble de symptômes. Selon ce que j'en ai compris, les personnes atteintes n'ont pas tous les symptômes et ceux-ci se manifestent à des degrés et à des intensités qui varient d'un individu à l'autre. Voici une liste sommaire de ceux que j'ai notés :

  • Le sommeil n'est pas réparateur.
  • Douleurs musculaires inexpliquées, maux de tête, douleurs aux articulations, douleurs au cou,
  • Difficulté à se tenir debout ou assis.
  • Étourdissements, hypersensibilité au son et à la lumière, besoin fréquent d'uriner, palpitations.
  • Allergies nouvelles, maux de gorge fréquents, symptômes grippaux à répétition.
  • Fatigue de plus de six mois qui s'accentue après un effort physique ou mental.
  • Épuisement qui correspond à une réduction de 50 % des capacités antérieures de la personne.
  • Malaise généralisé.
  • Troubles de concentration, d'équilibre, pertes de mémoire, hypersensibilité au bruit et à la lumière.
  • Instabilité de la température corporelle, périodes de transpiration, extrémités froides.
  • Tendance à ressentir plus la douleur, notamment après une opération.
  • Le patient voit sa vie alterner entre l'espoir et le désespoir.

 Bon, je vous laisse devinez le nombre de manifestations parmi celles mentionnées qui s'appliquent à mon cas... mais je vous donne tous de même un indice : je me reconnais dans chacune d'entre elles. Ce pourrait-il, dans ce cas, que je souffre effectivement de ce syndrome? Se voir confirmer ou infirmer un diagnostic ne semble pas simple si j'en crois les nombreuses lectures que j'ai faites.

Alors, c'est pourquoi j'ai pris la décision (avec les encouragements de ma psy), de m'approprier dès maintenant ce diagnostic, tout en attendant de voir ce qu'en pense mon médecin de famille. Pourquoi? Parce que je vois enfin un peu de lumière au bout d'un tunnel qui me semble éternel, et ce, malgré le fait qu'il n'existe pas de traitement pour la fatigue chronique. En fait, il semblerait qu'on ne peut qu'atténuer les symptômes en ayant une excellente hygiène de vie, ou, comme l'une des intervenantes du vidéo l'a si bien dit, en ayant une vie plate.

J'avais effectivement remarqué par moi-même que lorsque je m'efforce d'avoir une "vie plate" et bien rangée, mon corps devenait plus supportable avec le temps. Mais quand je dis plate, c'est plate! Comprenez-moi bien, déjà, en temps normal, je mange bien, je me couche tôt, je ne bois pas d'alcool, ni de liqueur, je ne fume pas, je ne prends aucune drogue, je ne bois pas de café et on pourrait sans doute me confondre avec un moine cloîtré. Mais il m'arrive de dépasser mes propres limites et j'en paie le prix.

Avoir une vie extrêmement rangée n'est pas facile... Je paie fort le prix quand j'ose me coucher plus tard qu'à l'habitude suite à un souper agréable entre amis. Je suis épuisée si je décide d'aller prendre une longue marche (de deux heures) avec mon amoureux. Et j'en ai pour des jours à m'en remettre si je mange un peu trop lors d'un repas. Et ce ne sont ici que quelque-uns des exemples des "excès" du genre que je me permets parfois.


Parce que voyez-vous, pour contrôler la fatigue chronique, voici ce qu'il faudrait appliquer :

  • Bonne hygiène de vie.
  • Ne pas trop se reposer, mais combiner des périodes de repos et d'activité légère.
  • Tout mettre en oeuvre pour améliorer la qualité du sommeil.
  • Éviter la caféine et l'alcool.
  • Manger sainement, à des heures régulières et boire beaucoup d'eau.
  • Reconnaître, accepter et respecter ses limites. Ne pas en profiter pour en faire plus ou trop lorsqu'on va bien.
  • Pas d'excès de table.

Mais moi, je n'aime pas devoir m'arrêter. Je veux vivre. Je veux en profiter. Je veux goûter à tout, voir tous les gens que j'aime et avoir des journées bien remplies. Je veux travailler, m'entraîner, marcher, courir, faire du vélo et me coucher à minuit si j'en ai envie. Mais après de nombreux essais, l'évidence se trouve devant moi : je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à avoir une vie normale, et ce malgré les nombreux essais que j'ai faits. Parce que, croyez-moi, j'ai essayé...

Alors ce possible diagnostic, c'est un peu ma bouée. Sans lui, j'ai l'impression que je n'arriverai jamais à me faire à l'idée que mon corps n'est plus ce qu'il était et que je dois lui faire attention, mais surtout, l'écouter. Dans ce billet, je devais vous faire part des actions que j'ai entreprises depuis le début de l'année pour reprendre encore davantage (si c'est possible) ma vie en main. Parce que Chéri et moi avons décidé que mon bien-être étant important pour moi, mais aussi pour nous. Nous avons donc pris les moyens pour améliorer ma qualité de vie le plus possible parce qu'entre vous et moi, je souffre sous ma peau depuis trop longtemps et je n'en peux plus...

Étant donné que j'ai écrit un véritable roman aujourd'hui, je vous présenterai mes outils dans un autre billet. Je ne suis pas très assidue ces temps-ci et je m'en excuse. Les chamboulements intérieurs que je vis en ce moment m'éloignent de mon écran... J'ai hésité longtemps avant d'écrire ce billet, par peur du jugement. Si j'ai commencé à écrire mon blogue, c'était d'abord et avant tout pour faire comprendre la réalité d'une survivante du cancer. Ma réalité est la suivante : je suis toujours fatiguée, voir même épuisée et je dois l'accepter, tout en mettant en place des moyens pour être enfin bien avec moi-même. Voilà, c'est dit.