Autant être franche avec vous
: je file un mauvais coton.
J'ai rencontré mon médecin de famille la semaine
dernière et ce rendez-vous m'angoissait beaucoup puisque je voulais lui parler
de la fatigue chronique. Je vous en avais d'ailleurs glissé un mot dans ce billet. J'étais tellement stressée que j'ai rêvé à mon Doc à deux ou trois reprises.
Dans ces quasi-cauchemars, elle me revirait de bord de façon brusque en me
disant : " Tu ne souffres pas de fatigue chronique, tu es
juste paresseuse. Fais de l'exercice et arrête de te plaindre. "
C'est fou ce qu'on peut s'en faire parfois... pour
rien. Évidemment, telle ne fut pas sa réaction.
J'étais tellement nerveuse que je bafouillais et ma
tête semblait avoir oublié tout ce que je voulais dire. Un cas classique
lorsqu'on rencontre un professionnel de la santé. Par chance, comme j'ai de l'expérience
en la matière, j'avais amené Chéri avec moi, ainsi que ma liste de questions,
sans oublier les informations que j'avais trouvées sur le syndrome de fatigue
chronique.
Ma docteure, qui me suit depuis plus longtemps que
j'arrive à m'en souvenir, m'a écoutée, questionnée, examinée et... elle n'a pas
voulu poser de diagnostic. Comme elle me l'a expliqué, tout d'abord il est
difficile de se poser un diagnostic dans le cas de la fatigue chronique
puisqu'aucun test ne peut le confirmer ou l'infirmer. Ensuite, étant une
généraliste, elle ne se sent pas suffisamment experte en la matière pour se
prononcer de façon claire, nette et précise.
Ceci étant dit, elle m'a tout de même spécifié que,
selon toute vraisemblance et selon les symptômes que je lui
décrivais, il semblerait que je sois effectivement atteinte de fatigue
chronique. Vous suivez? Moi, pas du tout. En fait, si.
Ça semble être ça, mais elle
ne veut pas trop s'avancer. Et moi, dans tout ça, je fais quoi? Je fais comme
si j'étais certaine que c'est ça, qu'elle m'a dit. De toute façon, et je la
cite : " Il n'y a pas grand-chose à faire ".
Et c'est ici que je ne suis pas tout à fait d'accord
puisque selon les lectures que j'ai faites dans les dernières semaines, il est
possible d'améliorer sa condition. Cependant, il faut être prêts à modifier
plusieurs de ses habitudes de vie et à faire de nombreux efforts.
Et c'est ici que le découragement me gagne. Des sacristies
(je suis polie) d'efforts, j'en fais depuis 8 ans et je me sens maintenant au
bout de mes capacités d'adaptation.
C'est sans doute seulement un mauvais coton que je
passe puisque par le passé, j'ai toujours rebondi après m'être écroulée.
Cependant, cette fois-ci, remonter la pente est plus ardue. Je suis encore en
bas, en ce moment même, et le courage de remonter est difficile à
trouver... L'auriez-vous vu passer?
En fait, je sais très bien où se situe mon problème et
je crois vous en avoir d'ailleurs déjà parlé. Je n'accepte pas ma situation. Je
suis frustrée, fâchée, découragée, écoeurée, tannée, à boute, pu capable,
grrrrrr.
Aujourd'hui, j'ai débuté un groupe de soutien pour les
personnes atteintes de maladies chroniques. Je suis persuadée que ces
rencontres me feront du bien, mais encore une fois, je suis la plus jeune du
groupe, et de beaucoup. À l'heure où mes amies d'enfance cajolent leur
marmaille, moi, je participe à des groupes où la moyenne d'âge se situe autour
de soixante ans...